J'ai soudain réalisé tout ce qu'on ne sera jamais. Et puis tout ce qu'on n'est plus. L'idée de n'être plus qu'une vulgaire personne sans importance à tes yeux, une moins que rien même, me transperce encore les tripes. Pourtant j'ai bien compris. Je ne m'attends à plus rien. J'ai ouvert un nouveau livre. Et c'est très bien comme ça. Je ne suis même plus triste. Et à la limite, ça ne fait plus rien du tout, à part un pincement au coeur nostalgique. C'est bien sûr plus facile quand on a l'impression que la personne qu'on a connu, que dis-je, que l'on a aimé, n'existe plus. Oh, ne t'inquiète pas, ce n'est pas non plus comme si tu étais mort pour moi. Non, ce n'est pas ça, c'est autre chose. Quelque chose qu'on ne peut pas exprimer avec des mots, une sensation plus qu'autre chose. Tu n'es juste plus là. Quelqu'un d'autre t'as remplacé. Dans ton propre corps, j'entends. Je garde tout de même ma théorie selon laquelle les gens ne changent pas. Non, les gens ne peuvent pas changer. Ils sont à la fois trop hypocrite et trop égoïste pour ça. Moi compris, cela va de soi. A la place, ils jouent la comédie. Quand leur personnage les lassent, ils passent au suivant. Et ainsi de suite. Et c'est pareil pour toi.. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, et toi le premier, tu ne vaux pas mieux que les autres. Et celui qui est mort, c'est ce personnage que tu donnais en spectacle à l'époque.
Bruit de fond : Muse - Exogenesis : symphony part 2 (cross-pollination)